Mardi 10 novembre 2009


Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Lundi 9 novembre 2009
C'est bien connu. Pour faire un bon reportage sur une prépa il faut dégoter : les deux futurs normaliens, deux qui rament à mort malgré toute leur bonne volonté, et le type qui flotte, qui n'a pas du tout le profil et pour qui on ressent irrepressiblement un énoooorme élan d'affection.

Il faut filmer des portes qui se referment sur des salles de classes studieuses. (Personnellement, dans ma classe, entre la course aux pains au chocolat tout chauds, les départs "pause clope de 1/4 d'heure" par groupes de sept, les allées et venues aux toilettes, et les appartés à la chaîne dans le couloir avec le prof "j'y arrive pas, mais vraiment pas, je fais quoi ?"...)

Il faut filmer les khôlles où les profs insupportables saquent les élèves. (Je vous propose un petit extrait de la khôlle de ma potesse Elodie, en HK avec moi l'année dernière, et de mon prof de littérature de l'année dernière :
- Il me semble que vous auriez préféré tomber sur La Curée de Zola plutôt que sur l'Education Sentimentale de Flaubert, me trompé-je ?
- Disons que je préfère l'ambiance de la serre de Renée aux salons de Mme Dambreuse..."
Les petits coquins...)

Il faut filmer les heures et les heures de travail. Les inquiétudes des parents. Les cernes des élèves.
Et surtout poser pleins de questions super fascinante et incroyablement intéressante sur :
- la reproduction des élites
- la tendance dépressive des élèves surmenés
- le sentiment d'arriver à la fac en échouant lamentablement
- la compétition exacerbée entre lycées...



Mais alors, les soirées du jeudi, les élèves qui arrivent un peu verdâtres au cours du vendredi matin, le taux d'absentéisme du vendredi matin, les mots fléchés du 20 minutes pendant le cours de philo, les parties endiablées de freecell et de solitaire sur les ordinateurs portables où les élèves "prennent des notes", les imitations de Philippe le Hardi par les profs (heu bon d'accord, par MON prof)... Les silences émotifs du prof de littérature sous les rires compulsifs des élèves, les élèves qui dorment en classe, mais tous droits, raides comme des piquets, avec juste la tête tombée en avant comme des robots désactivés, les élèves (d'accord, Moi) qui passe des heures à essayer de faire tournoyer joyeusement leur effaceur sur le pouce...
Les bouilloires au fond de la classe avec les fonds de cafés transformés en colonie de bébé Moisis (hiiii)... Les voyages, les discussions qui s'éternisent après les DS de 6h en bas du lycée. Les groupes FB en déclaration d'amour au prof de géo... Les étagères de livres faites... en livres, en attendant de recevoirs les vraies. Et le plaisir d'être là. Tout simplement.

Tout cela n'a aucune importance. Tout cela ne colle pas avec l'image angoissante et élitiste de la prépa. Tout cela ne mérite pas d'être filmé. C'est trop dangereux, ça pourrait démythifier cette atrocité française.

Les journalistes [vous pourriez au moins me prévenir quand j'écris "des journalistent" !] ont filmé des heures de bonheur dans les classes, et les ont coupées. Parce qu'ils sont venus avec une idée de la prépa. Ont pris uniquement ce qui corroborait leur idée. Ont déformé tout ce qui pouvait se dire. Et sont repartis tranquillement, avec la sensation du travail bien fait.

(Par exemple, Laure V. n'est restée que 3 jours au calme dans son repaire à Montmartre, juste avant le concours, et pas durant les 2 semaines de chaque vacances !)

Pourquoi je dis tout ça ?
http://envoye-special.france2.fr/index-fr.php?page=reportage-bonus&id_article=1796


Allez, pris sur le groupe FB "
Je suis en prépa et j'ai bien ri en regardant le reportage sur Lakanal", mes citations préférées, les avis que je partage, et les réactions de personnes ayant été filmées :

« Ca.... Et les piques-niques dans la classe... La bouilloire, le grille-pain, le réchaud... Ca, ils n'montrent pas ! » Réaction d’une fille filmée.

"Lakanal ne fait pas de fautes d'orthographe." Une prof de Lakanal Khâgne B/L.

"Tu veux faire quoi ?
-Haut fonctionnaire !" (Un blond de khâgne B/K interviewé)

"Faut vachement profiter d'être en prépa pour avoir des discussions d'un niveau qu'on ne retrouvera jamais dans dans... ben quand on ne sera plus ici" OUI OUI OUI! c'est évident! Ça doit être un tel bonheur de pouvoir partager quelques mot avec quelqu'un d'aussi raffiné... (Citation du même blond, et réaction d’un FBien)

« Ma séquence préférée restant Noël, et le poème écrit à la gloire
de la prof de Physique-Chimie. Quelle bande de fayots ! » (Réaction d’un FBien)

Donc voilà... J'attends un reportage drôle et enlevé sur la prépa, sans piano macabre derrière, sans séances de pleurs...
Des fois je me dis... Quelqu'un sait tenir un camescope ?

Et si on faisait un reportage sur la prépa... par les prépas ?


Edit : Vla ! On va tout de suite effacer dans vos esprits l'image de la blondinette qui travaille chez les bonnes soeurs pendant les vacances.
Vous voulez lire le blog d'une khâgneuse qui ne parle pas de la khâgne ?
Prêts ?
Feu.
Partez.


Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Jeudi 5 novembre 2009
10h45

Qui c'est qui minore en géo ? C'est Camille.

Qui c'est qui minore en allemand ? C'est Camille.
Qui c'est qui minore en littérature ? C'est Camille.

Faites gaffe, vous lisez le blog d'une khâgneuse médiocre, ça pourrait vous salir.
Crions victoire, je touche enfin à ce qui m'a amené à hanter les couloirs d'un ancien couvent nantais réhabilité en lycée de bourgeoisie de centre ville. Me cultiver, lire, profiter de ce qu'on m'offre, sans me soucier des notes, du classement. J'aime écouter les profs, aller en cours, travailler la nuit et boire du café.

Alors, heureuse ?

Oui mais.
La prépa tue l'espoir. Je sais, ne me remerciez pas, j'ai trouvé ça toute seule.
Se lever le matin avec l'espoir d'avoir, par hasard, durant deux secondes, une pensée brillante, n'est plus quelque chose d'envisageable. Il ne reste que l'écrasante supériorité de ceux qui pensent. Ils sont gentils, ils sont serviables, ils sont prêts à aider tout le monde, à partager leurs recherches, leurs fiches, leurs méthodes. Ils réussissent. Eux.

Mais merde. C'est bien joli de se dire qu'il ne faut pas se comparer aux autres. Mais quand on est entouré de gens comme ça, on finit par se dire que c'est chez soi que quelque chose cloche.
Allez-y, vous, tous, tous les lundis après-midi, rendez-vous d'un pas guilleret, l'esprit serein et confiant, à la dissertation hebdomadaire, quand vous êtes persuadés (et que la suite des évènements vous donne ensuite raison) que ce que vous allez rendre sera... mauvais. Et ce tous les lundis de l'année.

Depuis le temps, je devrais être habituée. Mais c'est le contraire. Puisque les mauvaises notes ne provoquent chez moi qu'un faible sourire résigné, je me dis : à quoi bon ? Je me vois déjà rendre les armes. A quoi bon suer six heures sur une copie pour avoir 5 ? Pour la beauté du geste ?

Qu'on m'explique comment jouer le jeu du "j'y crois, c'est bon pour moi, peu importe les taules, j'essaye encore et encore, j'avance" jusqu'en juin ! Arriver avec le sourire et se dire qu'on progresse. En perdant 4 points à chaque dissertation, mais que si si, on progresse pardi. Se prendre des coups de parpaing dans la gueule, se relever, faire un grand sourire et se dire qu'on reviendra le lendemain, par ce que décidément, on a kiffé, ah ça, vive la culture !

Mais bon. Mon prof de français délire sur la Chartreuse de Parme en nous lançant des regards embués, et je me dis que malgré tout, je suis contente d'être là.


17h30

       Et puis quand on s'y attend le moins, on se remet à y croire. Quand le prof d'allemand commence à parler positivement de nos commentaires, moi je suis pas folle, je sais très bien qu'il parle des commentaires que les autres ont fait. Pas du mien. Je me mords la lèvre quand il commence à distribuer les copies corrigées, toujours accompagnées d'une courte explication concernant la copie en particulier, toujours polie, gentille et respectueuse  (PAS COMME L'AUTRE PSYCHORIGIDE NEVROSEE) mais.... énoncée à voix haute devant tous les autres. Je retrouve la boule d'angoisse de la partie sud est de l'estomac, ma vieille copine, quand il se dirige vers moi. Et qu'il commence à m'expliquer qu'il y a de bonnes choses dans mon commentaire, qu'il faut rectifier certains points grammaticaux dans la langue, inévitablement, mais que dans l'ensemble c'est très correct. Et que je contemple abasourdie le joli neuf tout rond, tout plein de promesses.
Et que d'un seul coup, toute la fatigue d'une mauvaise journée de rentrée, pluvieuse, endurée de bout en bout le ventre vide s'envole. Et c'est bien.
Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Mardi 20 octobre 2009


Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Mardi 20 octobre 2009
Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Copie Blanche


Camille, 18 ans, khâgneuse à Nantes, s'évertue ici à saper toutes ses chances d'accéder à la sous-admissibilité normalienne.

Félicitons la pour cet acte de bravoure.


Pour la contacter,
lui faire part de vos doutes existentiels quant à une année d'hypokhâgne ou de khâgne, soulager un peu de votre instabilité psychologique, ou tout simplement pour papoter et lui faire perdre son temps :


hypokhagne.blog @ gmail.com

Sujets de dissertations

Quand je s'rai p'us en prépa :



- Je commencerai le saxophone.

- J'apprendrai l'arabe.

- Je lirai avec plaisir.

- Je ferai du sport.

- Le café redeviendra une petite gourmandise

- J'arrêterai d'émettre des préjugés stupides sur ceux qui ne sont pas en prépa.

- J'arrêterai d'émettre des préjugés stupides sur ceux qui sont en prépa.

- J'arrêterai d'avoir invariablement la prépa comme seul sujet de conversation.

- J'irai vivre un temps en Allemagne.

-

-

à compléter.

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