Jeudi 22 mars 2012 4 22 /03 /Mars /2012 17:35

Mein gott... Le retour sur le blog. Je renoue avec Over-blog, dont l'interface de gestion a totalement changé. Je n'ai même pas noté la date du dernier post, mais ça remonte à bien bien longtemps....

 

Je continue toujours à relever la boite mail du blog (affichée dans la colonne à droite) et à donner des infos sur la prépa en général et sur celles de Nantes plus spécifiquement, donc n'hésitez pas à m'envoyer des mails si vous avez des interrogations...

 

Mais qu'est-ce que je deviens ? (Pour ce que ça intéressent !)

 

Je suis toujours à la Fac (un hurlement déchirant se fait entendre dans l'obscurité). (Non, je plaisante). Je suis en Géographie, toujours, après une L3 validée très moyennement (genre avec  12,5 de moyenne, des gros soupirs de lassistude, du je-m'en-foutisme à la pelle, et un désintéret total). 

Je bossais plutôt sérieusement, j'évitais de trop sécher, je ne rendais jamais mes DM avec plus d'une semaine de retard, je bouquinais la bibliographie... Mais je ne me suis jamais habituée aux DS d'une heure et demi / deux heures / trois heures, donc avec souvent de très mauvaises notes (genre moins de 10), vaguement contrebalancés par les DM souvent très bien réussis (genre plus de 16) mais bien moins coefficienté donc... une moyenne pourrave.

 

Sauf que visiblement, passer sa licence avec mention n'apporte aucune valeur particulièrement. Aucune différence n'est vraiment visible entre les mentions Assez-Bien (tout le monde), les mentions Bien (quelques courreurs échappés du peloton) et les mention Très Bien (absolument PERSONNE). Ni même avec ceux qui ont validé au rattrapage...

Il faut donc avoir (en L3 à Paris 4, je parle) un très fort sens du perfectionnisme et une volonté de briller plus que tout au dessus de tout le monde pour s'accrocher aux bonnes notes. Le "passable" finit par satisfaire une bonne partie des gens, moi compris. J'ai largement préféré faire des chôôôses à côté de la fac qu'essayer d'atteindre le 16 de moyenne en "Mutations des campagnes" et "dynamiques urbaines de l'Asie du Sud-Est entre 1950 et 1970". 

Ce qui ne m'a pas empêché d'entrer en Master où le rythme n'est clairement pas folichon. Nous n'avons, chose très très très très très rare à la fac en général, et malgré la mention "recherche" de mon master, pas de Mémoire à écrire en M1. Juste des vagues cours de fondamentaux. 10h par semaines. Le lundi et le mardi. Je suis donc, oui oui, en weekend le mardi soir. Et clairement, on s'emmerde.


Je suis en master dit "Géographie CPP" : Culture, politique et Patrimoine. J'ai donc des cours de géographie culturelle, géographie du patrimoine (bâti et non bâti, whou-hou), géographie historique (de la France au XXe siècle, paye toi la constitution des départements français, dans la joie et la bonne humeur), des cours de géopolitique, de géopolitique des populations, de géopolitique des mondes musulmans, heu quelque chose qui ressemblait à de l'anglais au premier semestre et puis heu je crois que j'ai fait le tour... Etalés sur deux semestres. 


Nous avons des choses à faire, il parait. Oh, je suis mauvaise langue. Pour chaque matière, un DS, un DM et un exposé, pour six matières par semestre. Ayant 5 jours par semaine à ces quelques travaux, le stress n'est pas insoutenable. 

Ce qui ne veut pas dire que les exercices sont réussis avec brio, loin de là... (j'ai eu quelques très beaux foirages...)

Pour ma part, je me suis engagée à côté dans des choses beaucoup plus funky !

Je suis en première année de Licence LLCA (Licence de Langues et civilisations aréales) de persan à l'Inalco/Langues'O (toujours à Paris) où j'ai 15h de cours par semaine en plus (mais qui se cumulent avec les cours de master donc je peux pas y aller, ça serait pas drôle, sinon) de :

- Géographie de l'Iran

- Histoire (antique puis médiévale en L1) de la Perse

- Grammaire 

 - Version/thème

- Lecture

- Expression orale

- Théologie (Islam chiite iranien / religions de l'Eurasie)

-  ...

Et je kiffe ma race (quand je peux aller en cours, c'est à dire jamais au second semestre, hélas). 

 

Mon projet étant (si c'est réalisable / que je me décourage pas avant) de faire un mémoire en M2 sur, en gros et à préciser : la diaspora iranienne à Paris.


C'est un peu ce qui me fait tenir à la fac : il faut absolument avoir un projet à soi, à côté, qui motive, qui donne un but. Car le master en lui-même est pas palpitant, absolument pas professionnalisant, ne débouche d'ailleurs sur aucun métier discernable (j'exagère mais co-gestionnaire des plans de rénovations des églises du 12e siècle en Vendée, ça me tente pas).

En master, on est bien plus de la moitié (sur 35 dans ma mention CPP) à avoir fait un / deux / trois ans de prépa. Le fakhârd pur jus tend à se rarifier plus on monte dans les années universitaires, pour la simple et bonne raison (je crois = interprétation personnelle surement pas valide) que n'importe qui (quelque soit sa réussite), au bout de 3 ans à la fac, s'en va sans demander son reste pour faire autre chose, n'importe quoi, mais faire quelque chose. Le prépateux arrivé en cours de route a un seuil de tolérance moins entamé (mais qui se fragilise mois après mois). 

 

J'exagère. Si on a un vrai projet, une vrai "passion" qu'on peut rentabiliser sur les bancs de la fac dans sa spécialité, y'a moyen de s'amuser.

Mais, je voudrais pas faire d'atroces généralisation (on va encore me huer, je vous connais), y'a personne dans mon master qui se dit "Wawou, mais elle est super cette formation, j'adore ce que je fais, ça va vraiment me servir plus tard. Quelle chance j'ai d'être ici !"...

Mon conseil aux prépateux, donc : 

Réfléchissez à des choses à faire à côté, absolument. Outre le fait que ça meuble l'emploi du temps (car "tout le monde sait que" plus on a de temps libre, moins on bosse, et que c'est dans l'urgence et l'overbookage qu'on est efficace, nous jeunes andouilles de notres espèces), ça donne une spécificité et une valeur à notre parcours, qui sinon serait un peu... neutre / blanc / désespérant / inutile. 

Xodâfez !

Edit : Je viens de faire un tour parmi les blogs de lycéen(ne)s / (hypo)khâgneu(se)x qui m'ont mis en lien et qui m'envoient des lecteurs (retracés dans mes stats, donc j'ai pu remonter la piste) et qui m'ont linkée sous des choses adorables type "Banque d'info hypokhâgneuse" ou "the blog to read" etc... J'ai la larmichette à l'oeil et je suis ravie d'avoir pu vous aider et de vous avoir mené dans le pays merveilleux super tellement épanouissant de la prépa... Bon courage à tous, et oubliez pas que même si vous ratez en prépa, bin vous réussisez quand même ! 

Par HypoCamille - Publié dans : Vie fâckharde
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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 18:46

La sonnerie annonçant la fermeture de la BU de Nantes vient de retentir, et je pense soudainement à vous, khagneux, khûbeurs, combattants sur le point de monter au front. 

 

On respire, on se détend, il est trop tard pour penser à apprendre quoique ce soit. Allez manger avec des amis, plantez-vous devant une série débile. 

C'est l'heure de laisser reposer vos neurones avant d'affronter le Boss du dernier level. De vous redire une dernière fois que ces deux dernières années étaient formidables, peu importe le résultat qui sera le votre à ce fichu concours de mes deux.

 

Bravo d'avance à tous ceux qui l'ont réellement préparé, qui ont réellement révisé, qui ont joué le jeu jusqu'au bout. N'ayant absolument pas joué ce jeu, m'étant pointée en touriste à ces épreuves, terrorisée par l'idée même d'essayer, je suis bien placée pour savoir à quel point ça a pu être dur. Alors well done !

 

Pour ceux dont ces épreuves ont surtout le goût de vacances bien méritées, de liberté après une petite semaine d'acte de présence silencieuse sur une chaise au milieu de candidats plus méritants... Comme je vous comprends. Mais vous abusez quand même un peu. Mais comme je vous comprends.

 

On a une vie après la khâgne, même après la khûbe, et pour vous elle approche à grand pas. Je suis sûre que ça vous fait au final plus peur que les épreuves de l'ENS en elles-mêmes.

 

J'pense à vous.

N'oubliez pas votre chocolat noir : deux carrés avant la conclusion, c'est la règle.

 

ET AMUSEZ VOUS BIEN !

Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 14:22

Je ne cache pas que de plus en plus, je me demande si faire une prépa m’a vraiment servie.
Passer deux ans à stresser, à me considérer comme une moins que rien, à courir après le temps, si tout cela était vraiment nécessaire, méga enrichissant, et tout le baratin…

Bon, j’ai beaucoup lu. A la fois ce que je devais lire pour les cours, mais aussi tous les bouquins que je me suis enfilée juste pour… …repousser le moment de lire les bouquins de cours.
A force de courir après les références que tout le monde semblait connaître sur le bout des doigts, sauf moi, je me suis familiarisée avec des auteurs, des « grands noms » dont, soyons sérieux, je n’aurais jamais ouvert les pavés autrement. Et même les « pas grand noms » dont les bouquins ne sont pas toujours des pavés, mais qu’il faut connaître pour avoir l’air… de s’y connaître.
Non, jamais je n’aurais ouvert les Vies Minuscules de Pierre Michon sans la prépa. Mais vu comment je me suis bien fait chiée en le lisant et mes très très maigres souvenirs précis à propos de ce que ça pouvait bien raconter, j’aurais merveilleusement bien vécu même sans.
Voilà. J’ai lu.

Oh, maintenant que j’y réfléchis, ce n’est pas une chose si insignifiante, quand je repense au lycée, où alors que j’en avais le temps, je n’ai quasiment pas lu… Vraiment, je peux compter sur mes dix doigts les romans que je me suis fait en terminale. Toute ma motivation à la lecture avait été sapée par l’arrivée d’un ordinateur dans ma chambre, et des heures et des heures à mater des séries américaines, nuit après nuit. Au bout d’un moment, j’en étais arrivée à ne plus pouvoir lire une page de journal sans m’y reprendre à deux ou trois fois, tellement mes capacités de concentration étaient réduites à néant.

La prépa m’a donc redonnée un petit coup de punch en matière de lecture. Que j’essaye coûte que coûte d’entretenir depuis que je l’ai quitté, en alternant dynamiquement bouquins de géopolitique (Je veux étudier l’Iran ! Je veux étudier l’Iran ! Je veux étudier l’Iran !), grands romans classiques, manuels de géographie, romans d’héroïc-fantaisie avalables en deux soirées grand maximum.

Ensuite ?

J’ai appris à faire de vraies recherches.
Concrètement, au lycée, mes exposés se résumaient un peu à Wikipédia et compagnie. Du pur copier-coller… Sans même avoir la simple idée de faire une recherche dans le fonds de livres de mon CDI ! En prépa, j’ai appris à lire d’autres livres que des romans. A utiliser les recherches universitaires, à sélectionner des infos, à classer les autres pour un potentiel usage ultérieur. Chose que jamais, jamais, jamais, je pense, je n’aurais eu le réflexe de faire sans la prépa et des sujets de dissertations vraiment à la con. J’ai appris à regarder par deux fois qui écrit un livre, dans quel cadre l’auteur l’a écrit, ce genre de choses.

En revanche, la prépa ne m’a absolument pas « appris » comment bien écrire, bien mener une dissertation, si j’en crois mes résultats à la fac. Pas d’illumination divine de ce côté-là, faut pas rêver. J’ai pas été éclairée par un savoir supérieur, rien de tout ça. J’ai pas été transformée en bête de travail, en déesse de l’organisation, en névrosée de la ponctualité et de la rigueur.

Mais est-ce que ça valait le coup de passer deux ans à souffrir pour… Pour apprendre à faire des recherches ? N’aurais-je pas abouti aux mêmes progrès à la fac ?
J’avais besoin d’être cadrée, prise en main, surveillée par les profs, voilà pourquoi j’ai fait une prépa. J’ai avancé en ramant durant deux ans, au lieu de me laisser aller et de m’exploser contre un mur à la première épreuve venue, comme je l’aurais probablement fait en première année de fac.

Me voilà en L3 de Géographie, alors que je haissais cette matière de tout mon être au lycée.
Bon, la prépa m’a enseignée que, non, TOUT SAUF DES ETUDES DE LETTRES MODERNES. Bon point pour elle, je l’en remercie. Et une énorme erreur d’orientation évitée, une !

Mais et maintenant ?

Maintenant, je me regarde dans un miroir (et je note que mes cernes ont fini par plutôt bien se résorber, comme quoi, pour vous aussi il reste de l’espoir, que j’ai quand même vachement meilleure mine que y’a un an) et je me demande, « oui mais et maintenant ? »…

Faire un master ?
J’ai qu’un an de fac derrière moi ! Je me sens pas si prête que ça à « voler de mes propres ailes » en recherche ou en master pro… Je n’ai qu’une très très très très vague idée de ce à quoi peut bien ressembler la profession de quelqu’un ayant fait des études de géopolitique. Faire un master… Moui naturellement mais c’est pas une idée si évidente que ça au final. L’écart de niveau est très élevé vis-à-vis de la licence. Et puis c’est  tellement… précis, orienté vers un projet pro ! Après trois ans de pluridisciplinarité à foison !

J’ai été enfermée dans une bulle de livres et de DS durant deux ans… Et j’ai l’impression d’être soudainement lâchée dans la nature depuis six mois, avec cette « merveilleuse expérience extrêmement enrichissante » derrière moi, que je finis par traîner comme un boulet parce que, moi qui suis censée me servir de la prépa comme d’un tremplin, je ne sais pas du tout vers quoi orienter mon saut… 

Je regarde ce que je vais faire l’année prochaine.
Il y a ce master de Géopo à l’IFG qui m’intéresse énormément.
Mais de l’autre côté, j’ai bien envie… De recommencer une licence et de rempiler pour trois ans !
Faire du persan à l’Inalco ! Une licence de langues et de civilisation pour connaître vraiment l’Iran qui m’intéresse de plus en plus depuis le début de la khâgne…

Je me dis que j’ai passé deux années en prépa à étudier la Philo, la Litté… Oui, j’ai emmagasinée un peu de culture, mais cela va-t-il m’aider au final ?

D’un autre côté, j’avais besoin de me donner un petit coup de jus en Allemand, en Anglais, en Histoire et Géo.
De l’autre côté, si je n’avais pas fait de prépa, j’aurais explosé en vol à la fac, et je n’aurais peut-être jamais eu l’idée, la motivation de me lancer dans des langues moyen-orientales. J’en serais au même point aujourd’hui, sans avoir lu cette fichue Princesse de Clèves…

Oui, la prépa était utile. Oui, j’ai eu raison de la faire. Non, je n’ai pas perdu mon temps…

Mais parfois je me dis que, bon… Tout ça pour reprendre sur une autre licence après l’Hk, la Kh, un an de géo ?

Tout ça pour me sentir aussi larguée ?

Heureusement, j’ai réussi à « faire des choses » à côté de la prépa…
Pour commencer j’ai tenu ce blog, ce qui n’était pas rien. Et puis je publie chaque mois des illustrations dans un magazine papier distribué à Paris… J’ai réalisé une affiche pour une pièce de théâtre, j’ai fait quelques petits boulots à la con histoire d’être active et d’avoir des sous… Je m’enfile les musées, des expos, des pièces de théâtre, des concerts… Pour ça vive Paris.
Si j’avais pas fait tout ça, je pense que je me sentirais vraiment totalement perdue…

Donc si je devais donner un conseil aux khâgneux qui d’ici deux mois seront relâchés dans la nature, c’est de rester actif. S’investir dans des projets, même sans grande envergure… Produire des choses, avoir des délais à respecter, faire des choses qui ne sont pas purement scolaires. Reprendre fermement contact avec la réalité. Refaire du théâtre, de la musique, refaire du militantisme, chercher des assos, bosser dans la gazette de la fac…

Avec la fac et ses horaires flous, ses dates lointaines de partiels, sa charge de travail sournoisement camouflée sous des après-midis libres et des absences de professeurs à foison… J’ai souvent l’impression de brasser du vide cette année. De rien faire. D’attendre que ça passe, de perdre mon temps, donc de le passer à angoisser sur « plus tard ».

Faut se bouger.
Rester alerte.
Eviter, comme je l’ai fait durant deux mois, de se contenter d’émerger à 11h pour la simple et bonne raison que la bibliothèque Beaubourg n’ouvre qu’à 12h donc à quoi bon se presser ?

Du punch, bon sang. Du punch.

Par HypoCamille - Publié dans : Vie fâckharde
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 00:57

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Oooooh, la vilaine exagération de la vie en prépa.

Même pas vrai d'abord, on reste vif et dans la vbe du samedi soir au moins jusqu'à 00h45.

Heure du dernier métro.

Ah oui, mais non. On rentre chez soi. Si-si. Pour dormir dans son lit. Pour pouvoir manger le dimanche matin le petit déjeuner préparé avec amour par son pôpa et sa môman.

Dormir par terre, parmi les cadavres de bouteilles, sur les lieux du crimes ? Dans un duvet inforfortable, sur un canapé sqwatté par deux autres personnes ? Tsss. C'est bien des manières de fâckhard, ça, qui vont pas se traîner les courbatures pendant 3 khôlles la semaine suivante. 

Faut pas déconner non plus.

En khâgne, on ne plaisante pas avec sa couette.

 

Bon weekend les caféinomanes !

Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 01:24

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Petite série dessinée en Février...

 

Tous les matins, je passe devant Louis Le Grand.

Ils sont là, les khâgneux, l'air fatigué, paumé dans leur nuage de nicotine.

 

Alors je me rapelle comment c'était. 

 

Nous sommes en mars.

ENS. IEP. Ecoles de Commerce. Ecoles de Journalisme. Ecole du Louvre.

Concours.

Révisions.

Tu es en retard.

Tu as fait quoi ce weekend ? Oh. Tu es allée au cinéma ?

Tu as dormi durant les vacances ?

Sérieusement ?

Genre... Jusqu'à 11h30, le matin ?

Non. Inutile d'aller vérifier encore une fois. C'est toujours le Spring Break aux Etats-Unis. Gossip Girl, The Vampire Diaries, Grey's Anatomy, aucun nouvel épisode ne sortira encore cette semaine. Il va falloir attendre quelques mois pour Dexter et True Blood.

Les astres s'unissent contre toi pour t'empêcher de procrastiner. C'est bête. 

 

Tu as relu ton cours d'histoire ?

Tu serais capable de me dire de quoi parlait ton dernier cours de géo ?

Tu en es où dans ta khôlle de philo ?

Et ta version, mmmh ?

Tu sais, c'est pas parce que tu as pas cours le samedi matin que tu es dispensée de bosser le vendredi soir.

Tu pourrais faire des fiches de vocabulaire pour l'essai du concours IEP. Tu pourrais réviser ta littérature pour la banque commune des épreuves de commerce.

Tu pourrais faire des cartes et les apprendre par coeur pour l'épreuve de géo de l'ENS.

 

Par exemple.

 

D'ailleurs, je voudrai pas dire, mais tu avais toutes les vacances de Février pour bosser.

Tu as fait quoi ?

Regarde le planning que tu avais préparé avant les vacances.

Qu'as-tu vraiment lu, appris, écrit, de ce que tu voulais ?

 

Et tu vantes en soirée l'organisation que t'as apporté la prépa ?

Hum.

 

Tu sais quoi ?

En fait on s'en fiche.

 

Respire un ptit coup.

Fais toi un lait chaud miel cannelle.

Etire toi, mets un peu de musique, décolle de l'ordinateur qui te rend nauséeux, à force de procrastiner dessus, aussi, hein...

Etend toi sur ton pieu et regarde le plafond.

 

Franchement.

Tous tes rivaux au concours à venir sont dans la même situation de merde que toi.

Si tu réussis, ça sera vachement bien.

Mais si tu rates ? Hein ? Franchement.

 

Bah rien.

Tu iras autre part, tu te feras d'autres amis, tu iras au ciné, tu t'investiras dans des assos, tu te remettras à la musique... Tu baliseras en pensant à ton orientation, au "métier" et au "parcours professionnel" que tu dois avoir.

Tu passeras des partiels, tu te demanderas où est passée cette foutue organisation miraculeuse que tu était cencé avoir acquis en prépa.

Tu n'auras pas de si bonnes notes que ça. Mais bon. Tant pis.

 

Si tu rates tes concours, finalement, tu continueras ta vie.

Alors faut pas avoir peur. De les rater. Travaille comme tu le sens, présente toi à l'examen, donne ce que tu peux durant 3 petites heures.

 

Et après ce sera fini.

Il fera chaud, vraiment chaud, pas ce fourbe radoucissement ensoleillé en plein mois de Mars pour détruire toute ta concentration. Y'aura la plage, des amis, des boissons fraiches, des concerts... Tu auras deux mois avant de repenser sérieusement à ce truc pénible ("les études") qu'on t'a vendu depuis le primaire comme un truc merveilleux, et ce sera bien.

 

Donc bon.

 

ENS. IEP. Ecoles de Commerce. Ecoles de Journalisme. Ecole du Louvre.

Concours.

Révisions.

 

Il est 02h du matin.

Il est trop tard pour penser à toutes ces choses barbantes et angoissantes.

Même que je me remets à angoisser par procuration alors que je n'ai rien de tout ça de prévu cette année. C'est malin...

 

Vous êtes heureux d'être là où vous êtes, mes petits (hypo)khâgneux adorés.

Souvenez-vous en juste une minute, tous autant blafards que vous êtes derrière votre écran d'ordinateur. 

Les livres éparpillés sur votre bureau. La fatigue qui fait mal au dos. Un DM inachevé, même pas commencé en fait, qui refuse de vous foutre la paix et de se faire oublier au fond de votre tête...

Pensez au soulagement quand vous refermez la copie de votre DS, que vous commencez à rassembler les papiers de gâteaux froissés et les pelures de gomme, et que vous foutez le camp au bout de 6h de concentration de cette foutue salle.

Quand vous finissez de préparer votre khôlle à une heure indécente de la nuit et que vous vous glissez dans votre lit pour, enfin, vous reposer...

Vous aimez ça.

Et c'est pour ça que vous retournez en cours chaque matin, malgré tout, au lieu d'aller vous morfondre sur les bancs de la fac. 

 

Vous y êtes ?

Vous vous souvenez ?

De votre excitation de petit Terminal qui décide un beau matin de faire une hypokhâgne ? De l'effrayante, l'effroyable Hypokhâgne qui fera de vous un homme, un vrai guerrier ? De cette envie de lire à s'en arracher les yeux ? D'amasser plus de connaissances en deux ans qu'en dix ailleurs ?

 

Entendez-vous les violons qui s'élèvent dans les airs, les percussions qui roulent pour saluer votre combat ?

 

Comment ça j'en fais un peu trop depuis vingt minutes ? Qu'on se croirait dans un film américain patriotique avec Nicolas Cage ?

 

Faites pas les gros snobs, et dites moi la vérité...

...Z'êtes pas regonflés à bloc, prêts à affronter trois DM, deux khôlles et quatre nuits blanches sans sourciller, la rage aux lèvres et le coeur au ventre ?

 

Bon.

Bah voilà.

Merci qui ?


Par HypoCamille - Publié dans : Vie fâckharde
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Copie Blanche


Camille, 17, 18, 19, puis au mon dieu, 20 ans, ex-khâgneuse à Nantes,
a tenté de raconter ici ses deux années en Hypokhâgne puis Khâgne, de septembre 2008 à Juin 2010.  

Cernes, café, gémissements, et vaines tentatives pour garder le moral...
Bienvenue dans le Journal d'une Hypokhâgneuse !

Pour la contacter,
lui faire part de vos doutes existentiels quant à une année d'hypokhâgne ou de khâgne, soulager un peu de votre instabilité psychologique, ou tout simplement pour papoter et lui faire perdre son temps :


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