Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 22:53
Top 50 :

<Ogg> : maintenant, il dort cinq heures par nuit, ne voit personne, n'a pas de vie sociale ...
<OSPhob> : Bah t'as qu'a installer le controle parental !
<Ogg> : pardon ><' ?
<OSphob> : Bah tu sais, tu vas sur le site de blizzard, et tu vas dans la catégorie WoW, tu rentres tes identifiants, ton pw et tu coches la case ;)
<Ogg> : euh, il joue pas a WoW ..
<OSphob> : Ah bon ? A quoi alors ? Guild Wars ?
<Ogg> : prépa Henri IV
<OSphob> : connais pas, c'est un MMO ?
<Ogg> : -.-"




Héhéhéhé...


Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 11 2009 20:21
Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 11 2009 21:11


Comme je l'avais prédit ici même il y a quelques semaines, nous sommes dorénavant plongés dans le noir. Une pluie grisâtre s'est abattue sur Nantes. Elle ne s'arrêtera qu'en... qu'en... Allez... A la mi-juillet ? Avec de l'espoir. Mais il faut toujours se méfier des giboulés du mois d'août.

Le temps où je dormais révisais mes devoirs du lundi dans le Parc de Procès, au soleil, sous les chênes centenaires, me semble à des années lumières.

Je erre en ce mois de novembre, le cheveu terne et crêpu, à la main le courrier international d'il y a trois semaines gondolé par la pluie, déchiré par le vent, dans les oreilles les Nouvelle Donne Géopolitique de Bernard Guetta de la semaine passée (format parfait, voix dynamique qui ne manque pas une seule liaison, contenu limpide, c'est le chroniqueur de ma vie) en podcast sur mon Ipod, l'oeil torve, la paupière tombante et le regard vitreux.
J'ai huit bouquins sur ma table de nuit à lire pour il y a un mois et demi.

Je minore un peu moins en Allemand.
J'espère remonter en Géographie Option. (je travaille dur sous la bénédiction de Jacky Tiffou !).
En Géo Commun, y'a eu trois 13, la meilleure note, et cinq 12. Cinq, dont moi. Donc 2e Ex Aequo ! J'aime la Géographie. J'aime la géographie. J'aime les structures systémiques.
J'ai, je sais pas comment, majoré en Philo (putain, j'ai MAJORE, quoi !) (bordel, en PHILO, quoi !). (ça pue de majorer, tu dois faire lire ta copie aux autres, qui te prennent après trop pour une fumiste tellement ta copie est à chier et on comprend pas comment tu as pu avoir cette note) (surtout que dans ceux à qui tu dois la faire lire, pour les "aider", y'a les habituels majors qui te mettent d'ordinaire systématiquement 6 points dans la vue, avec un style limpide et merveilleux. FUCK !) (Plus jamais je majore !)


Je vous raconte mes notes, mais en soit, on en a un peu rien à foutre.

Ce qui est important, c'est que la khâgne, c'est beau, c'est bien, c'est fort.
Je bosse plus, tout en ayant l'impression de travailler moins, parce que j'aime ça. Le dimanche après-midi, levée à 13h, bossant à 15. Bonheur et Félicité.

J'aime notre relation de khâgneux avec les petits hypos. On les flippe gentiment, on leur file nos devoirs réussis pour les guider, on les rassure, on les reflippe à mort à coup de "mais tu as pas fini ta dissert pour demain ? Mais nous on a JAMAIS fait ça ! On était SUPER organisé ! Si tu veux passer en khâgne, va falloir te booster !", on les sort. On leur tire les couettes, on les gruge dans la file du self en leur tirant la langue, on rigole doucement en les entendant "ah mais moi une khâgne JAMAIS !"... Si tu savais, mon petit, si tu savais. Tu khûberas, très cher.

Je me revois à leur âge.
Certes, de la promotion utérus 91, je SUIS de leur âge.
Mais ne chipotons pas sur les mots.
C'est émouvant. Je serais presque nostalgique. Presque.

Parce que j'ai rempli 5 gros classeurs de cours en 3 mois. Et que, bah je trouve ça très cool, allez savoir pourquoi.
Que j'ai utilisé 6 blocs de 180 pages chacuns, plus un nombre incroyable de copies doubles. Ecologiquement, c'est pas cool. Certes.
Que je vide un bic bleu par semaine. Vous aviez déjà vu un bic se vider à vue d'oeil d'une heure à l'autre vous ?
Parce que le vendeur de la librairie d'occasion du coin de la rue s'illumine dès qu'il me voit arriver.
Parce qu'il y a eu Philippe le Hardi, mais qu'aujourd'hui, inutile de se moquer, il y a David Douillet...
Parce que ma maman vient de faire deux gâteaux au chocolat, qu'ils cuisent dans le four et que la bonne odeur se répand dans tout l'appart.

Allez, j'ai un texte de moderne à commenter pour demain. Faudrait que je finisse mon bouquin sur L'Iran, le Courrier International 993 et que je commence le Moyen-Âge de Duby.

Il est 21h46.
On y croit.




Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 11 2009 20:04
Le jeudi, je commence à dix heures. Je n'ai que trois heures de cours dans la journée. Une semaine sur deux, mon cours de littérature de 8 à 10 laisse place à un cours de culture générale. Après trois heures de "pause", passées, hélas pour mes résultats, plus souvent à badiner de librairie d'occacion en librairie d'occasion, qu'à travailler, j'ai une petite et timide heure d'allemand de 15 à 16.

Le matin du jeudi 12 Novembre, c'était littérature.
Je me suis réveillée en retard. 9h15 quand le bus part à 9h30. Ce n'était pas important, en prenant le bus d'après, j'allais arriver avec tout juste quelques minutes de retard. Une demi-heure plus tard, les cheveux encore dégoulinants d'eau, un mug tumbler starbucks de café fumant dans la main, j'étais à l'arrêt, prête à écouter deux heures sur le roman au XXe siècle.
Et puis dans le bus, le Wa-pitam, pam papoué, d'Alexis HK dans les oreilles, je me suis souvenue que le prof ne notait pas les absences. Je n'aurais pas besoin d'excuser mon retard.
Le bus s'est rapidement frayé un chemin vers le centre ville de Nantes.
Le prof ne note pas les absences.
J'allais bientôt descendre du bus, entrer dans le lycée, gravir péniblement trois étages en talons, taper à la porte, rougir, entrer, chercher désespérément une place libre du regard, et échouer au premier rang, sous la fenêtre qui laisse continuellement passer un courant d'air glacial.
Sauf que le prof ne note pas les absences.
Sauf que je n'avais aucune raison de n'être pas là. J'allais arriver tout juste 5 minutes après la sonnerie. Je n'étais pas fatiguée. Je n'étais pas malade. Je n'avais aucun devoir en retard à finir chez moi. Je n'avais rien de particulier à rendre avant lundi.
L'absentéisme peut me coûter mes équivalences.
Sauf que le prof ne note pas les absences.
Mais et mon éthique ?
Tiens, j'ai une éthique ?
Ce ne serait plus sécher ! Mais faire l'école buissonnière !

Tope-là.

Le bus est passé devant le lycée, et je ne suis pas descendue. Au lieu de ça, j'ai repris le tram pour quelques arrêts, et j'ai passé les deux heures suivante à me balader sur les anciens quais de la Loire, avec encore au sol les vieux rails du premier tramway nantais du début du siècle. En écoutant Vivaldi et en buvant du café chaud.

C'était la première fois que je faisais l'école buissonnière.
Finalement, c'était aussi bien qu'un cours de littérature sur le XXe.
Puisque follement romanesque.

Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 11 2009 20:49

"La mort est un cadeau que nous offrent ceux qui partent. Un cadeau exigeant, écrasant, mais un cadeau. La possibilité de grandir, de comprendre, de s'ouvrir, d'apprendre."
Ellana, L'Envol.



J'ai toujours lu. Claude Ponti gaillardement soutenu par Picoti au début, et puis les Marie-Aude Murail, les Moka, Moi je Lis, Les Aventuriers...
Certains livres marquent plus que d'autres. On ne parvient pas à s'en détacher, leurs univers nous engloutissent. On ne lit plus des caractères imprimés sur les pages, mais on plonge dans un rêve éveillé aux couleurs chatoyantes.
Ces livres nous donnent irrémédiablement le goût de la lecture, de l'échappée, des mots. Leurs personnages deviennent nos meilleurs amis, et nous accompagnent partout.
Evidemment, aujourd'hui, le premier nom qui nous vient aux lèvres est celui d'Harry.
Mais il n'y pas eu que lui. Loin de là.

J'avais 11 ans, c'était l'été qui prédédait ma rentrée en cinquième et j'allais partir la semaine suivante m'exiler un mois sur une colline espagnole donnant sur la Méditerranée. Loin de mes amis, loin de toute possibilité de communication avec la civilisation.
Alors je me suis rendue à la Médiathèque, et j'ai commencé à empiler dans mes bras des Médiums, des Vallée fantôme, Chair de Poule et Cascade. J'ai accosté une bibliothécaire, et je lui ai demandé un conseil.
Elle a réfléchi un instant, avant d'extirper d'un rayonnage un gros livre très coloré.
"L'héroïne s'appelle Camille..." a-t-elle commencé.
Comme moi.
Parfait. Je n'avais pas besoin d'en savoir plus, je le prenais.

Arrivée en Espagne une semaine plus tard, j'avais oublié son existence. Je l'ai tiré de l'imposante valise "Lecture" qui suit inévitablement ma famille quand elle part en voyage, et j'ai commencé à le lire sur la plage. Dans la voiture. Dans le transat, sous les palmiers. Dans mon lit, tard la nuit.

J'ai du lire le premier tome de la Quête d'Ewilan, D'un Monde à l'autre, quatre fois en un mois.
Un monde parallèle moyen-âgeux regorgeant de créatures invraisemblables,  ressemblant à un croisement entre une mante religieuse et un lézard, et au nom imprononçable, des chevaliers en armure, des guildes secrètes. Beaucoup d'humour. Une quête et une épopée. Des histoires chuchotées à propos de pouvoirs incommensurables.
J'avais 11 ans, je fus scotchée.

Enfin de retour à Nantes, je me suis précipitée acheter le second tome qui ne devait arriver que plus tard. J'ai rongé mon frein des mois, en attendant le troisième et dernier tome. Dernier. Catastrophe !
Non ! Car une seconde trilogie suivit. J'étais en 3e, je découvrais Bazin, Camus, Romain Gary et Victor Hugo. Qu'importe. J'ai dévoré le premier tome de cette suite inespérée. Et la suite, durant mes années lycées.
Pierre Bottero a continué à écrire, avec toujours autant d'allitérations et de couleurs. Je n'ai plus 11ans, mais bientôt dix-neuf. Et bien qu'habituée aux grands pontes inégalés de la littérature française, qui écrasent de leur supériorité (et de leur ennui ?) les romans pour pré-adolescents, je relis avec toujours autant de plaisir et d'incrédulité les romans de Pierre Bottero.

Ce soir, au diner, ma mère m'a demandé si j'avais lu La Quête d'Ewilan, plus jeune. Bien sûr ! Pourquoi plus jeune ? Je suis en khâgne, et je lis Pierre Bottero. J'aime Pierre Bottero. C'était bien ce qu'il lui semblait. Et elle me l'a annoncé.

Pierre Bottero est mort Dimanche 8 Novembre d'un accident de voiture à 45 ans.

J'espère qu'il a retrouvé Artis Valpierre, Maniel et Ellundril Chariakin, Erylis et Chiam, quelque part, et j'essaye de ne pas pleurer.


"Enfant, je rêvais d'étourdissantes aventures fourmillantes de dangers mais je n'arrivais pas à trouver la portée d'entrée vers un monde parallèle ! J'ai fini par me convaincre qu'elle n'existait pas. J'ai grandi, vieilli, et je me suis contente d'un monde classique... jusqu'au jour où j'ai commencé à écrire des romans.
Un parfum d'aventures s'est alors glissé dans ma vie. De drôles de couleurs, d'étonnantes créatures, des villes étranges...
J'avais trouvé la porte."
Pierre Bottero.

A ses filles, sa femme et ses amis. Ses lecteurs. 
Par HypoCamille - Publié dans : Pérégrinations khâgnesques...
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Copie Blanche


Camille, 18 ans, khâgneuse à Nantes, s'évertue ici à saper toutes ses chances d'accéder à la sous-admissibilité normalienne.

Félicitons la pour cet acte de bravoure.


Pour la contacter,
lui faire part de vos doutes existentiels quant à une année d'hypokhâgne ou de khâgne, soulager un peu de votre instabilité psychologique, ou tout simplement pour papoter et lui faire perdre son temps :


hypokhagne.blog @ gmail.com

Sujets de dissertations

Quand je s'rai p'us en prépa :



- Je commencerai le saxophone.

- J'apprendrai l'arabe.

- Je lirai avec plaisir.

- Je ferai du sport.

- Le café redeviendra une petite gourmandise

- J'arrêterai d'émettre des préjugés stupides sur ceux qui ne sont pas en prépa.

- J'arrêterai d'émettre des préjugés stupides sur ceux qui sont en prépa.

- J'arrêterai d'avoir invariablement la prépa comme seul sujet de conversation.

- J'irai vivre un temps en Allemagne.

-

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à compléter.

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