Jeudi 18 juin 2009
Bandes de coquinous littéraires, devant le sujet L'objectivité de l'histoire suppose-t-elle l'impartialité de l'historien ? j'espère que vous avez tous pensé à la magnifique citation de Chateaubriand, issue des Mémoires d'outre-tombe, que je vous ai donné il y a quelques semaines.

"[Lorsque dans le silence de l'abjection, l'on entend plus retentir que la chaîne de l'esclave et la voix du délateur ;] lorsque tout tremble devant le tyran, et qu'il est aussi dangereux d'encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l'historien paraît, chargé de la vengeance des peuples. C'est en vain que Néron prospère. Tacite est déjà né dans l'empire".
(Chateaubriand pour faire chier Napoléon.)

Bon, elle a aucun rapport avec le sujet ( ici ça serait plutôt l'objectivité de l'historien contre la tyrannie, à la rescousse de la défense de la liberté et de la légitimité et blablabla ?) mais PUTAIN QU'EST CE QU'ELLE EN JETTE.

Evidemment, on s'esbaudit tous (du moins, ceux qui ont leur bac) devant l'absurdité (hum) des questions creuses qui sont tombées encore cette année.
Qu'avez-vous eu en littérature ? L'actualité ne parle que de cette satanée philo.

Un conseil : ne pensez plus à l'épreuve qui vient de se dérouler. Elle n'existe plus, il ne sert à rien de vous encombrez l'esprit avec ça. Pour les littéraires, brûler votre sujet dans un rituel compliqué avec moult danses impies et invotations hérétiques et reposez-vous.
Pour les ES et les S, dormez bien, et repartez à l'assaut demain l'esprit clair. Manger plein de chocolat très noir pendant l'épreuve, ça réchauffe, ça aide à la réflexion, et ça permet de faire une pause tout en gardant un air affairé et pensif du bachelier cherchant la formulation parfaite, histoire de faire flipper vos voisins qui eux, hagards, ont l'esprit vide et sont angoissés mortellement par leur propre désoeuvrement.

Ah, pardon, on me dit à l'instant que ces techniques de déstabilisation fourbes n'ont pas lieu d'être au bac qui est un examen sans compétition, contrairement au concours où il faut écharper coûte que coûte son adversaire, dans un énorme bras d'honneur à notre altruisme naturel et inné.

J'arrête de vous parler du bac.
J'ai eu mon dernier bulletin. Je vous scannerais les deux pour vous montrer à quoi ça peut ressembler. On a offert pour sa fin de carrière (Comment avez-vous su que je partais à la retraite ?, s'est être exclamée, menaçante, s'apprêtant à répendre son couroux et sa bile sur le traitre qui se cache parmi le corps enseignant) du chocolat (Maître de chocolatier de Bayonne, avec plein de parfum, là, en bouquin, on est pas des radasses, nous) et une carte de voeux  à ma prof d'allemand, où on lui a tous dit merci, qu'on avait adoré se faire rôtir les orteils à petit et long feu tout au long de ses longs mois. Dans un soucis d'honnêteté, je me voyais mal lui écrire dans une sublime envolée lyrique que "son enseignement m'avait encouragé plus que jamais à apprendre cette merveilleuse langue qu'est l'allemand et que je lui saurait à jamais gré de cette magnifique motivation qu'elle m'a transmise". Je me suis contentée d'un sobre "j'ai beaucoup aimé les textes que vous nous avez faits étudier". J'ai toujours un doute sur la terminaison de "faits", d'ailleurs.

Vous me croirez pas, mais elle s'est brusquement... humanisée ? Un sourire ému aux lèvres (un SOURIRE, bon sang, un SOURIRE), elle nous a confié combien un prof pouvait se demander s'il comblait les attentes des élèves, s'il était un bon enseignant, s'il apportait véritablement quelque chose à sa classe. Qu'elle n'était pas étrangère à ses remises en cause et que notre petite attention la touchait.

Bon sang, je le savais, tout au fond de moi, comme une chose honteuse qu'on ne veut pas s'avouer, mais voir la vérité éclater nue devant nos yeux (nous aveuglant, aaah, aaah, douleur), ce fut un choc. Der Drache (oh, j'ai honte, tout d'un coup) a toujours été animée des meilleures intentions du monde, en dispensant ces commentaires acides et ses oeillades noires.

Evidemment, quand elle m'a expliqué longuement à quel point les élèves ressortaient déçus de sciences-po, qu'on pouvait difficilement trouver un travail avec cette "simple" formation, et que le prestige des IEP était très surfait, mon élan de pardon miséricordieux envers cette enseignante s'est soudainement envolé, comme ça, poc, plus rien. Etrange.

N'oubliez pas, cette semaine, qu'écrire et disserter, c'est beau, ça nous grandit, ça nous apprend à réfléchir et qu'on en sort toujour ravi même après l'échec (je sais de quoi je parle, j'ai fait une HYPOKHÂGNE, bordel). Alors durant ces examens, par pitié...


... Faites vous plaisir, éclatez-vous.

Clic clic !

[edit] : recoucou, je viens de voir les sujets de littérature
 
Sujet 1 : Les Liaisons dangereuses
Question 1 (8 points)
Dans Les Liaisons dangereuses de Laclos, quel est l’intérêt de l’épisode dans lequel Valmont porte secours à une famille de pauvres gens ?
Question 2 (12 points)
En quoi le roman de Laclos, Les Liaisons dangereuses, et son adaptation cinématographique présentent-ils Madame de Merteuil comme une femme hors du commun ?

Sujet 2 : Le Guépard
Question 1 (8 points)
Quel rôle joue le village de Donnafugata dans Le Guépard de Lampedusa ?
Question 2 (12 points)
Le Prince se voit comme "Le dernier des Salina" : en quoi cette expression éclaire-t-elle le sens du roman ?

Bon, alors j'ai un souvenir très vague des Liaisons dangereuses que j'ai lu en seconde, donc si je vois en gros la question sur 8, je sais plus qui est Madame de Meurteuil. Ahma. J'ai voulu vérifier dans ma bibliothèque et -aaaargh- je ne l'AI PAS ! J'avais lu le livre d'une copine. Faut vite que je me le rachète. IMPERATIVEMENT.
Pour le Guépard... WAWO mais c'est trop bien ! J'espère que vous avez déchiré votre maman, parce que la question sur 12, c'est de la brioche moelleuse... MMMmmmh ! Je regrette presque de pas avoir fait l'épreuve (aha, nan, je plaisante). L'image qui m'a le plus marquée, c'est le guépard aux pattes brisées sur la porte... J'espère que vous aviez lu Les Lieux de Ma Première Enfance de Lampedusa, qui pouvait bien servir accessoirement, pour la question sur huit points... Donnafugata c'était super vaste, avec toute la 2e partie, la 3e... Evidement, aristocratie en déclin (ok, en phase avancée de putréfaction), bourgeoisie montante, la couleuvre à avaler (aaah, merveilleux passage, grandiose, magnifique, magistral, putain, j'adore le Guépard), et tout le blabla que vous connaissez par coeur... Après tout ça entrait dans la question sur 12 points donc fallait faire la part des choses pour surtout ne pas se répéter...

Je me replonge dans le Guépard, et sur la 3e de couverture, je viens de retrouver des notes au crayon de bois sur les thèmes possibles du bac.

Vous allez rire

1) Bendico (épreuve 2008)
2) Donnafugata (épreuve 2009)
3) Concetta (cette pauvre malheureuse...)
4)...


Allez, j'arrête de vous enquiquiner avec ça !


Par HypoCamille - Publié dans : Journal d'une hypokhagneuse
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Hypokhâgnons, hypokhâgnez...


Septembre 2009
Me voilà de retour de façon très épisodique pour la "saison 2" du journal, et les pérégrinations khâgnales que tout cela entraîne...
Je m'appelle toujours Camille, je suis toujours à Nantes,
mais maintenant, j'ai 18 ans, et oh mon dieu, j'embrayerai sur mes 19 en Janvier...
Voilà qui ne nous rajeunit pas. Les pages du journal d'une hypokhâgneuse jaunissent tranquillement dans leur coin, et moi je poursuis ma route tant bien que mal...


Septembre 2008


"C'est atroce ! Il faut surtout pas y mettre les pieds !"
"On regrette jamais d'en avoir fait une, même si c'est dur."
"Y'a une de ses compétitions entre les élèves j'te raconte pas..."

"Faut être trop une tête pour être accepté ! Même pas la peine de tenter."

"Les profs... mais les profs quoi !"


L'Hypokhâgne, je suis comme vous.
J'en ai entendu tout et n'importe quoi.
Alors j'ai décidé d'aller tout vérifier par moi-même.

J'ai envoyé un dossier, et j'ai été acceptée.
Je suis Camille, j'ai 17 ans, procrastineuse par excellence et élève pas particulièrement brillante, je ne sais pas encore dans quoi je me suis fourrée...

Alors quitte à douiller, autant vous en faire profiter !
Cours, kholles, désillusions et travail acharné. Vie sociale, ou pas.

Bienvenue en Hypokhâgne !

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